Remise dans le contexte

En cas d’accident nucléaire, de l’iode radioactif se libère et est accumulé dans la glande thyroïde, ce qui peut provoquer le développement d’un cancer de la thyroïde ; en administrant de l’iodure de potassium à doses élevées, on peut empêcher l’absorption d’iode radioactif dans la glande thyroïde, en espérant réduire ainsi le risque de cancer de la thyroïde. Afin de veiller à ce que des doses élevées d’iodure de potassium puissent être prises en cas d’accident nucléaire dès que les autorités en donnent le signal (jamais de sa propre initiative !), les groupes sensibles doivent avoir des comprimés d’iodure de potassium à leur disposition chez eux. Pour plus d’info, consultez le site web https://www.risquenucleaire.be/

Voici un rappel concernant l’utilisation d’iode à doses élevées (source CBIP)

  • L’âge
    • Les enfants âgés de moins de 18 ans (et en particulier les très jeunes enfants) courent le plus grand risque de développer un cancer de la thyroïde en cas d’accident nucléaire. Les enfants, les femmes enceintes et les femmes allaitantes constituent donc des groupes cibles prioritaires pour la prise de comprimés d’iode en cas d’accident nucléaire. En dehors des zones de planification d’urgence, la distribution des comprimés s’oriente surtout sur ces groupes cibles.
    • Les (jeunes) adultes entre 18 et 40 ans sont moins sensibles que les enfants et courent un risque plus faible de développer un cancer de la thyroïde en cas d’accident nucléaire.
    • Chez les personnes âgées de plus de 40 ans, la prophylaxie est moins évidente. En effet, le risque de développer un cancer de la thyroïde à la suite d’une exposition à l’iode radioactif est très faible dans ce groupe d’âge, alors que ce groupe d’âge présente une probabilité accrue de pathologies thyroïdiennes méconnues, qui constituent une contre-indication à la prophylaxie. L’administration de doses élevées d’iode non radioactif peut, en cas de maladie de Graves Basedow (latente ou en rémission) ou d’un goitre autonome, déclencher une hyperthyroïdie, voire même une crise thyréotoxique. Dans l’Avis du Conseil Supérieur de la Santé de 20156 , on recommande donc de veiller, en particulier chez les personnes âgées de plus de 40 ans, à dépister la présence éventuelle d’une pathologie thyroïdienne, ce qui constituerait une contre-indication à la prise d’une dose élevée d’iode en cas d’accident nucléaire ultérieur. Le dépistage d’une pathologie thyroïdienne peut se faire par la palpation thyroïdienne lorsque la personne vient en consultation pour une raison quelconque ou, lorsqu’une prise de sang est de toute façon prévue, par un contrôle des taux de TSH. Le CSS ne recommande pas le dépistage systématique par échographie, étant très sensible mais peu spécifique et donc susceptible de produire de nombreux faux positifs.
  • Le risque de réactions anaphylactiques
    • Si le risque d’une réaction anaphylactique suite à la prise d’iode ne peut être exclu, il est très faible. A l’inverse, les réactions d’hypersensibilité cutanées sont plus fréquentes, mais elles sont sans gravité. Des antécédents de réactions allergiques à des produits de contraste iodés ou des antécédents de dermatite de contact suite à l’application locale de povidone iodée n’indiquent pas une allergie à l’iode et ne constituent donc pas une contre-indication à l’administration d’iodure de potassium en cas d’accident nucléaire.
Published On: 4 mars 2022

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